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La nature des choses

La peur en voiture: l’amaxophobie

 1-Définition: quoi, quand, qui?

-Qu’est-ce que c’est?

Elle est de plus en plus répandue et en dit beaucoup sur nous et sur notre mode de vie: l’amaxophobie n’est pourtant pas médiatisée, alors qu’elle concernerait au moins 5% des adultes. Ce nom (amaxophobie) nous vient du grec « amaxa » qui signifie chariot, et par extension, tout véhicule à 4 roues, et de « phobia » qui signifie frayeur, forte peur.

-Est-ce répandu?

Oui. Les statistiques officielles parlent de 5%, avec prévalence chez les 20-40 ans. On se doute que les biais statistiques et psychologiques masquent une forte partie de la réalité: beaucoup de personnes ne déclarent pas souffrir de ce trouble mais évitent fortement de conduire. Par ailleurs, le trouble apparaît de plus en plus chez des femmes, après 30-40 ans, et chez certaines (rares!) après un accouchement. La psychologie est en grande partie très en retard sur ce terrain, c’est mon avis personnel et professionnel, et cela tient à ses modes de raisonnement et à ses cadres intellectuels encore très limités en Occident. Il n’est pas étonnant du tout, d’un point de vue économique (nous vivons dans une vraie « société d’automobilistes »), physique (phénomènes de résonance) et biologique, que ce trouble augmente avec l’âge, voire apparaisse à la suite d’un accouchement.

-Ne pas confondre avec... (consultez un médecin pour avoir un diagnostic!)

L’amaxophobie est un trouble phobique, donc fort, médicalement déterminé. On ne le diagnostique pas soi-même via un forum ou un site, même bien fait! On ne doit pas la confondre avec:

des appréhensions ou stress de passer le permis, surtout si la pression familiale est forte et maladroite.

une maladresse au volant que l’on retrouve ailleurs ou même essentiellement en voiture. Direction: l’auto-école:) Trouvez-en une avec des moniteurs plus à l’écoute. Peut-être que votre manque d’adresse est plus global. Dans ce cas, découvrez ou pratiquez du sport-plaisir, la méthode Alexander ou autres, et bon épanouissement à vous!!:)

des angoisses que vous avez déjà par ailleurs et qui s’expriment en continu ou en variations également au volant. L’amaxophobie concerne le véhicule, pas en dehors.

des absences, manques d’attention: l’amaxophobie est littéralement l’excès inverse. C’est une hypervigilance angoissée.

des tremblements, angoisses survenus depuis que vous prenez un traitement ou que vous avez reçu un traitement. En principe cela n’arrive pas, mais dans ce cas consultez votre médecin; certaines personnes prennent un second avis. Vous pouvez vous tromper bien sûr, mais il existe parfois des effets secondaires rares dans certains produits. Certains médecins sont parfois réfractaires à reconnaître (ou à connaître, simplement: ils restent humains!) les conséquences de certains traitements sur votre cerveau, qui est unique! Je me souviens encore d’un de mes enseignants en pharmacologie qui nous disait qu’il avait une fois pris un léger somnifère extrêmement courant, et que cela avait été suivi d’une journée complètement « plombée » puis d’une amnésie totale de ce qu’il avait dit et fait. Cas quasi unique sur des millions de personnes. Un médicament ne se prend pas à la légère et peut convenir à un proche mais pas à vous: dosage, posologie, composition, allergies possibles… Dans certains cas, des produits peuvent créer en effets secondaires rares des angoisses amplifiées par les déplacements, la vitesse, donc la voiture… Seul un médecin peut vous dire quel médicament prendre!

la peur d’être en voiture avec un chauffard! Il en existe. Donc si vous criez dès que votre conjoint freine à temps alors qu’il roulait à 30km/h, ou si vous hurlez quand un piéton s’engage dans 100 mètres, c’est peut-être bien de l’amaxophobie. Par contre, si vous avez peur en voiture avec un conducteur qui fait n’importe quoi, roule très vite, grille des feux, etc, vous n’êtes pas phobique: vous être parfaitement sain.e d’esprit! Sortez de là et apprenez à vous écouter:)

-Donc c’est quoi??!!

L’amaxophobie se traduit par divers symptômes physiques: mains moites, tremblantes, sueurs, vue troublée (espace mouvant, impression d’être attiré vers la droite etc), impression de manquer d’air, sentiment d’oppression. Ces éléments corporels vont de pair avec des manifestations émotionnelles: stress, peur panique, angoisse. C’est une peur forte, un stress exacerbé au volant, en référence à des risques très fortement surévalués (de manière disproportionnée): avoir un accident, tomber dans le vide. Cela peut être aussi une angoisse, c’est-à-dire une peur sans objet: être très mal, sans une peur précise… autre que celle de mourir dans certains cas!

Ces signes peuvent se manifester au démarrage, pendant le trajet uniquement, au volant ou à côté, mais aussi bien avant de prendre le volant (fortes appréhensions) et être déclenché ou amplifié par des facteurs divers et variés: présence du vide (passage d’un pont par exemple), vitesse, autoroute, absence de bande d’arrêt d’urgence, embouteillages etc. L’examen de la conduite peut produire un fort stress que certains psychologues assimilent parfois à de l’amaxophobie. D’autres continuent de se désolidariser de cette théorie et donnent clairement un autre point de vue pour deux raisons au moins: 1-l’amaxophobie est la peur en voiture; ce n’est pas l’aisance en voiture SAUF le jour d’un examen… 2-l’amaxophobie ne se résout pas spontanément après un examen: elle perdure et s’amplifie généralement avec le temps. Vu le prix d’un examen de conduite, vu le niveau de stress dans lequel évoluent les scolaires français, vu la pression sociale, familiale et économique pour passer cet examen qui se joue sur quelques minutes, il n’y a rien d’étonnant à ce que des femmes (la plupart du temps ce sont de femmes, dans un pays encore très sexiste dans ses structures économiques et avec des stéréotypes pesants et absurdes concernant les aptitudes des femmes) soient très stressées pour passer un examen auto, ou moto d’ailleurs!

2-Origines?

L’amaxophobie est davantage présente chez les personnes également claustrophobes, ou (un peu moins) agoraphobes. Manque de confiance, tendance à l’angoisse, perte de l’habitude de sortir de chez soi sont des facteurs non négligeables. Enfin, dans certains cas, l’amaxophobie prend son origine dans un accident de la route. D’expérience, c’est le cas le plus « simple« : en hypnose ou en EFT (bien pratiquée!) on neutralise le souvenir en une ou deux séances, et la conduite redevient facile ou naturelle, en général. Cela ne suffit pas toujours, mais c’est à voir au cas par cas: il y a globalement, de mon expérience d’excellents résultats.

Pour la petite info, on reste massivement sans explication de ce trouble. Cela dit, nul besoin d’être un pro de la technologie et de l’humain pour observer que les traits de caractères sont amplifiés en voiture. Combien de personnes plutôt calmes révèlent leur colère au volant? Combien de personnes angoissées l’expriment fortement? On sait que l’automobile est une exceptionnelle caisse de résonance sur le plan physique, encore plus si vous êtes connecté par téléphone ou internet. Sur le plan vibratoire vous vous donnez un maximum de chances d’augmenter votre excitation nerveuse (voir le livre Les maladies des ondes, co-écrit par deux médecins). Et si vous faisiez le test très simple de conduire téléphone éteint ou sur avion, pour tout le monde dans la voiture? Voyez-vous une différence? Cela ne signifie pas que c’est suffisant, mais ça peut logiquement « jouer » pour certaines personnes sur plusieurs tableaux: tensions cervicales, céphalées, fatigue, incapacité à se reposer quand l’autre conduit, niveau de stress etc.

3-Des solutions?

Comme dit plus haut, l’hypnose est une méthode efficace. La cohérence cardiaque peut donner de bons résultats, mais demande une pratique personnelle régulière (et bien guidée: youtube ne fait pas tout!)… et très avantageuse sur beaucoup d’autres plans.

En Thérapie comportementale et cognitive on obtient également de bons résultats.

Certains préféreront prendre des médicaments, au coup par coup, et si leur médecin fait ce choix bien sûr!

En amont de tout cela, vérifiez vos traitements médicaux, votre vue, vos réflexes. Peut-être que conduire n’est pas très indiqué dans votre cas, pour des raisons physiques et de manière logique (peu après un AVC, en cas de problèmes de vue etc)!

Sur d’autres solutions et des informations générales, cette page vous aidera peut-être: ici.

Dans un premier temps, commencez par accepter qu’il y a un problème et ensuite par dédramatiser: vous n’êtes pas seul.e du tout à connaître ce trouble, et il existe des solutions! Nous vivons visiblement dans une époque non pas d’abord de citoyens (rien n’est plus médiatisé que l’auto, les accidents en auto, etc, bien plus que tout autre problème clairement), mais d’automobilistes il faut croire, et il n’est pas illogique que l’automobile aussi soit un lieu de stress. Prenez-vous en main, pour vous donner plus de confort!:)