Médiums, Énergéticiens & Cie : Guide de Survie et d’Ouverture d’Esprit
Entre arnaques, préjugés et pratiques authentiques — comment naviguer avec discernement
I Les Pièges du Milieu — Mieux Vaut Prévenir
En professionnel de l’hypnose ericksonienne il me semble important de partir non pas forcément de mon point de vue, mais en donnant la parole aux croyances les plus répandues localement, ou du moins les plus acceptables au regard des institutions et des mass médias. Commençons donc par cet essentiel : il y a des abus et des comportements portés uniquement vers l’argent dans tous les domaines. Dans le domaine du spirituel comme ailleurs. Il y a 25 siècles, la philosophie occidentale est née de la méfiance à l’égard des institutions démocratiques, non garantes de l’honnêteté. Voici donc pour commencer un petit état des lieux, dans la médiumnité-énergétique, de quelques profils devenus fréquemment au fil du temps des espaces d’expertise par leurs pratiquants.
Les profils à fuir (liste non exhaustive, petit musée mental) :
-Le mentaliste déguisé en médium
Il observe votre langage corporel, pose des questions particulières et vous fait croire qu’il lit dans vos pensées, votre passé, votre aura etc. Il exploite des techniques, pas un don. Un vrai médium ne joue pas au jeu des vingt questions, mais peut vous en poser quelques unes, pour vérifier sa direction et surtout préparer et sentir dans quelle direction vous êtes prêt à entendre des choses, et où cela sonne trop sensible.
-Celui qui fait peur pour mieux vendre
« Il y a une ombre sur vous », « Un mauvais œil », « Votre famille est maudite »… La peur ouvre le portefeuille, que ce soit ici ou en politique, en économie etc. Un praticien éthique ne vous terrorisera jamais.
-Le projecteur professionnel
Il vous raconte ses problèmes, ses ex, ses blocages, et vous donne comme conseil ce qui selon lui est la bonne solution. Absence de travail sur soi. Nous sommes tous uniques, et ce n’est pas parce que l’autre vous fait vaguement penser à un de vos vécus que vous pouvez y comprendre quelque chose, ni que comprendre a un quelconque intérêt dans cette pratique non analytique. Parfois dur à accepter, mais important à considérer.
-Le vendeur de miracles
La médiumité est un don. Avec du travail certes, une hygiène de vie. Mais un vrai praticien ne vous facturera pas des milliers d’euros pour « débloquer votre karma » sur 10 séances, avec promesses spectaculaires. Une consultation raisonnable, oui. Une rente à vie, non.
-Le détective Google
Vous arrivez. Il a fait ses recherches. Il sait que vous avez perdu votre mère en 2019, que vous êtes en couple depuis trois ans, et que vous travaillez dans l’informatique. Étonnant, non ? Non. C’est du renseignement, pas de la clairvoyance. Les notions d’intelligence économique, de renseignement ont bien évolué avec les réseaux sociaux, les IA etc…
-Le collectionneur de titres
« Certifié maître reiki ceci, diplômé de l’école de cela, 3 diplômes de formation sur 2 jours par an etc » Les vrais praticiens ont souvent un parcours simple. Ils n’encombrent pas leur CV de sigles dorés.
La règle d’or : Si ça sent le soufre, si ça presse, si ça coûte cher, si ça fait peur — fuyez. Ecoutez votre intuition, et autorisez-vous à être sceptique, critique. avoir foi ne signifie pas démissionner de tout esprit critique. A l’instar de la psychologie féminine du « tout émotionnel », l’énergétique non modérée n’est pas forcément un bon signe.
II L’Exception Française — Ou Quand le Rationalisme Devient Dogme
Voici un constat qui fera grincer des dents : la France est championne de la méfiance systématique envers tout ce qui touche au spirituel.
Pas de l’esprit critique — celui-là est salutaire. Nous parlerons plutôt de peste émotionnelle (pour reprendre Wilhelm Reich, voir 1/ en bas de page), d’une agressivité masquée sous des dehors de rationalité, qui cultive l’aigreur, le nihilisme et le vide existentiel. Car la rationalisme sec mène vite à la désillusion, la confusion entre culture et intelligence, sarcasme-ironie et intelligence. Gauche belliciste, loi de 1905, « catastrophe » cathare et globalement catholique… Quelle en est la cause? Qui sait? En tout cas, à l’étranger on dit souvent le Français (dans ce domaine!) pas naturel, ironique, masqué, fermé.
Le biais français en trois actes :
Acte I : Le rejet religieux
Deux siècles de lutte contre l’obscurantisme clérical ont laissé des traces. Tout ce qui ressemble de loin à du « surnaturel » est suspect. Même quand la science elle-même s’y met. La Laîcité (phénomène rare dans le monde des Etats) est devenu « laïcité noire », haine des religions. Pas du tout le sens premier de la laïcité.
Acte II : Le pseudo-scientisme
« Ce n’est pas scientifique ! » crient ceux qui n’ont jamais lu un article sur la physique quantique, les études sur la conscience (Penrose, Hameroff), ou les travaux de cardiologues comme Pim van Lommel ou Sam Parnia sur les EMI (Expériences de Mort Imminente). Des médecins. Des chercheurs. Mais pas assez mainstream et soporifique pour la France actuelle.
Acte III : L’aigreur militant
Il y a une différence entre le doute méthodique et la négation systématique. Le premier ouvre. Le second ferme. Et en France, on ferme souvent. Agressivité, moquerie, mépris — le tout sous couvert d' »esprit critique » ou de sécurité. Curieusement, ces mêmes personnes ne traitent pas les traders de charlatans quand ils font sauter l’économie mondiale, ni les politiques quand ils prétendent aider les pauvres tout en collectionnant des emplois fictifs et des traitements annuels à plus de 100 000 euros (scandale du canard enchainé, août 2026, 200 emplois fictifs dans la ratp)
La physique quantique, cette gênante
Effet observateur. Intrication. Non-localité. Tout ça est documenté. Mesuré. Reproduit. Et pourtant, osez évoquer une continuité de la conscience après la mort, des perceptions d’autres espaces, et on vous renvoie aux champignons hallucinogènes. En France du moins.
Le juste milieu ? Oui, il y a des charlatans. Beaucoup. Mais il y en a aussi dans la finance, la politique, la médecine conventionnelle.
III Ce Qui Existe Vraiment — Petit Lexique du Bien-Être Énergétique
Le médium
Définition : Personne percevant des informations hors des cinq sens classiques — impressions, images, ressentis, parfois messages.
Ce qu’il fait : Transmission, accompagnement dans le deuil, apaisement…
Ce qu’il ne fait PAS : Prédire la loto, guérir le cancer, commander à votre place, dire l’heure de votre mort…
L’énergéticien
Définition : Praticien travaillant sur les champs énergétiques du corps (chakras, aura, etc.) pour rééquilibrer, apaiser, soutenir.
Ce qu’il fait : Harmonisation énergétique, relaxation profonde, accompagnement…
Ce qu’il ne fait PAS : Remplacer un médecin, diagnostiquer des maladies, promettre des miracles…
Important : Un médium n’est pas forcément énergéticien. Un énergéticien n’est pas forcément médium. Certains sont les deux. D’autres sont spécialisés.
Le magnétiseur
Tradition française, souvent familiale. Travaille sur les douleurs, les blessures, par imposition des mains. Proche de l’énergéticien, plus « terre à terre », moins dans le verbal… en principe. Oui, parce que les mots ne recouvrent jamais complètement la réalité: ici, on vous donne des points de repères. Et merci à Patrick par exemple, remarquable magnétiseur du côté de Valence, qui ne fait pas la liste de ses talents énergétiques par ailleurs:)
Le chaman
Pratique issue des traditions animistes (amérindiennes, sibériennes, etc.). Travaille avec les esprits de la nature, les ancêtres, les mondes subtils. Nécessite une formation traditionnelle longue, en immersion. Chaman signifie « qui soigne dans une culture donnée ».
Le marabout
Terme souvent galvaudé. Désigne traditionnellement un praticien musulman africain (souvent maghrébin ou ouest-africain) maîtrisant les sciences occultes, la médecine traditionnelle et la spiritualité. Attention : le mot est usurpé par de nombreux escrocs. Un vrai marabout ne vous demandera pas de payer 1000€ pour « retenir votre homme ».
Les Critères d’une Bonne Séance
– Transparence sur ce qui sera fait
– Prix clair et raisonnable annoncé d’avance
– Aucune promesse de guérison ou de résultat miraculeux
– Respect de vos limites — vous pouvez dire non, stop, questionner
– Sentiment de calme, pas d’anxiété
– Le praticien se remet en question, admet ses limites
– Pas de dépendance créée — vous devez vous sentir autonome après
L’Humilité de Conclure
Voici la vérité que peu osent dire : on ne sait pas tout, et même pas grand chose. Ce qu’on reçoit, voit, est perçu de manière souvent rare voire unique. On peut, avec un esprit anarchique ou peu exigeant en tirer des conséquences générales, croire telle ou telle large explication, mais le silence est aussi une possibilité.
La conscience reste un mystère. L’énergie vitale n’est pas mesurable avec nos instruments actuels. Les EMI existent, et on ne sait pas encore pourquoi. La physique quantique pose plus de questions qu’elle n’apporte de réponses.
Bref, être ouvert d’esprit, ce n’est pas croire n’importe quoi. C’est accepter que nos connaissances actuelles ont des limites. Et que peut-être, juste peut-être, il y a plus entre ciel et terre que notre idéologie occidentale, mondialement très minoritaire, ne le suppose.
Restez vigilants. Restez curieux. Et surtout, faites confiance à votre ressenti. Pour ma part je suis passé d’un nihilisme quasi radical il y a 20 ans (profil THPI, faculté de philosophie puis poste à responsabilité en coopération culturelle), à des expériences « ennuyeuses », inexplicables sous toutes grilles de lectures confrontées avec l’aide de personnes de divers bords et intellectuellement performantes (ingénieurs de haut niveau, médecins, universitaires…). J’ai accepté au fil du temps, via le rasoir d’Ockham, que le plus simple (et de loin) était d’accepter l’existence d’autres plans, d’autres mondes, dont je perçois une infime partie, de manière intermittente et avec mes filtres. Certains voient là où je ne vois rien, ne sentent ou n’entendent rien là où je sens-vois etc. Aujourd’hui, j’inscris ce que je « reçois » dans un cadre notamment de psychosynthèse, comme des informations qui guident, aident la personne sur une chemin « thérapeutique » au sens beaucoup plus large et beaucoup moins matérialiste que le sens dominant actuellement en France. Dans cet article, deux auteurs qui m’inspirent beaucoup, à l’instar de Milton Erickson, François Roustang, Jean-Yves Leloup et d’autres. Dans cette conception, les « maladies », échecs ont moins un sens qu’une direction, que nous acceptons ou non de voir. Je recommande, pour leur humilité, les ouvrages de Patricia Darré, mais aussi ceux de Daniel Meurois. Les deux me semblent peu contaminés par la vogue du « droit à l’abondance », à la fois plus réservés et moins business que d’autres.
Professionnels Recommandés en Sud-Est France
Si vous cherchez des praticiens sérieux, éthiques et compétents :
–Marion-Peggy Hayes en sud Ardèche, énergéticienne
–Richard Borg à Lyon et Isère, énergéticien
–Ghislaine Vincent en sud Ardèche, annales akashiques (pratique à la mode. Une personne vraiment formée et expérimentée)
Pour ma part, après une grosse décennie de doute et de défiance, j’ai ensuite consacré une nouvelle décennie à accueillir de manière croissante ces informations, canaux etc. Je commence enfin officiellement à utiliser cela en séance, ayant observé les répétitions, efficacités, autorisations que je pouvais recevoir. Je ne suis pas du niveau des trois professionnels susmentionnés, mais je combine ces capacités à mes outils d’hypnose, ainsi plus solides, plus ancrés, plus performants. Mon « rôle » est probablement de faire du lien entre capacités intellectuelles fortes et capacités médiumniques, de faire dialoguer ces espaces…. qui me renvoient à mes premières heures universitaires et à Platon, à lire et relire parfois sur certains textes si riches. En sachant en parler, l’expliquer sommairement et y trouver des liens directs avec la grille de lecture de James Hillman. En Drôme, Ardèche et à distance, non pas en tant que magnétiseur, mais énergéticien et médium.
1/Pour compléter plus techniquemen le paragraphe du haut. De Reich à Fromm, d’Adorno à Canetti et Girard, on voit se déplacer la frustration, fruit normal d’une promesse économiste, capitaliste, impossible à tenir (car il y a forcément une majorité de perdants et une minorité de « vainqueurs ») : d’abord économique et sociale, elle est devenue en deux siècles peu à peu répression de la vie elle-même. Ce qui ne peut plus se vivre, se dire ou se transformer intérieurement cherche un exutoire dans la soumission, la haine, le conformisme et la désignation d’un ennemi (ceux qui vivent différemment). La violence ne vise alors plus seulement à changer le monde : elle vise ce qui, en soi ou chez l’autre, demeure vivant, libre et différent. C’est peut-être ce que Deleuze appelle le nouveau fascisme : non plus seulement un pouvoir qui nous contraint de l’extérieur, mais un désir de réprimer la vie jusque dans nos propres comportements. Cette répression de la vie se prolonge aujourd’hui dans un néo-féminisme qui enferme paradoxalement le féminin dans l’injonction à être une femme forte, autonome, performante et visible — autrement dit, à adopter les codes mêmes du narcissisme hyperconnecté masculin, amplifiés. Puis, dans un retournement pervers, l’autre sexe est désigné comme LE narcissique, transformant la frustration en guerre des sexes, une guerre d’autant plus profitable qu’elle alimente tout un marché de médicaments, de procédures judiciaires, de thérapies et de consommation.