Tom Yeomans et James Hillman : une psychologie de l’âme
Tom Yeomans et James Hillman ne forment pas une école commune, et il serait artificiel de les présenter ensemble. Ce qui les rapproche est plus simple : tous deux refusent de réduire la psychologie à la réparation d’un dysfonctionnement. C’est cette position qui nourrit ma pratique.
Tom Yeomans, ou le processus de l’âme
Tom Yeomans est psychothérapeute et formateur, fondateur du Concord Institute. Depuis les années 1970, son travail — la psychosynthèse, puis le Soul Process Work — envisage le cheminement intérieur comme un processus vivant plutôt que comme une suite de problèmes à résoudre. Chez lui, l’âme n’est pas une notion religieuse : c’est la dimension de l’expérience qui se manifeste dans les crises, les conflits intérieurs, les rêves et les moments où une manière de vivre ne fonctionne plus.
James Hillman, ou l’âme comme regard
James Hillman (1926-2011), formé dans la tradition jungienne puis éloigné d’elle, a fondé la psychologie archétypale. Il voulait une psychologie qui ne se débarrasse ni du mythe, ni de la poésie, ni de l’imagination, parce que la psyché se manifeste précisément à travers les images, les rêves, les passions et les contradictions d’une existence. Chez lui, l’âme n’est pas une chose que l’on possède : c’est une manière d’approfondir ce que l’on vit.
Le mot grec psychè désigne à la fois l’âme, le souffle et, dans certaines représentations, le papillon. La psychologie n’a pas toujours été une discipline séparée de la question de l’âme ; c’est cette profondeur historique que Hillman a voulu retrouver.
Ce que cela déplace
La question change de place. Au lieu de demander seulement « comment faire disparaître ce problème ? », on peut aussi demander « qu’est-ce que cette expérience cherche à montrer ? ». Un symptôme, une peur, une répétition, une obsession ou une période de crise cessent alors d’être de simples anomalies à éliminer : ils deviennent des images de l’âme. Cela ne signifie pas romantiser la souffrance ni refuser les soins médicaux quand ils sont nécessaires — simplement, la souffrance humaine a parfois une profondeur que les catégories diagnostiques n’épuisent pas.
La crise comme transformation
Certaines périodes ne ressemblent pas à une maladie. On continue à travailler, à s’occuper des siens, à voir des gens, et quelque chose ne fonctionne plus. Une fatigue intérieure s’installe, une relation change, une ambition perd son sens. Une séparation, un deuil, un changement professionnel, un départ des enfants ou simplement le passage des années font surgir une question qu’on avait réussi à éviter : est-ce vraiment la vie que je veux continuer à vivre ?
Une crise n’est pas nécessairement un échec. Elle peut signaler qu’une transformation est devenue nécessaire, et le travail thérapeutique sert alors à la traverser sans chercher trop vite à revenir à l’état précédent.
Le lien avec ma pratique
Ces apports ne s’appliquent pas mécaniquement. L’hypnose, ericksonienne ou celle de François Roustang, sert à ralentir le fonctionnement habituel, à déplacer le rapport aux images et aux sensations, et à retrouver un espace intérieur que le mental occupé rend inaccessible. Le travail sur les rêves et les images peut s’y articuler quand la personne le souhaite.
L’intuition commune est simple : l’être humain ne se réduit pas à ce qui ne va pas chez lui. Une crise a une histoire, un symptôme peut avoir une fonction, une image peut ouvrir une compréhension. Le but d’une thérapie n’est pas forcément de redevenir exactement celui ou celle que l’on était.
Si vous traversez une période de crise, de perte de sens ou de questionnement profond, nous pouvons en parler. Séances à Valence et alentours, ou en visio.
[Prendre rendez-vous]
Pour aller plus loin
Tom Yeomans, Concord Institute : concordinstitute.org
James Hillman, Spring Publications : springpublications.com/hillman.html
En français, Le Code caché de votre destin est le livre par lequel commencer — ne te fie pas à sa collection de poche, le niveau théorique est nettement au-dessus. En anglais, The Thought of the Heart.